Hervé Cuillandre, premier invité expert

Conseils 03 Mar. 2020


Hervé Cuillandre, Chargé de Mission Digital- Auteur (« Après l'intelligence artificielle et la robotisation : remettre l'humain au coeur du monde » Éditions Maxima – 2019, est notre premier invité- expert de Gloss and Boss.


Sur notre plateforme, nous promouvons l’emploi des femmes, nous souhaitons apporter un éclairage sur des domaines d’activité peu féminisés ou en forte croissance, en donnant la parole à des experts, des entreprises du secteur avec lesquelles nous travaillons comme Kylotonn, Studio de création de jeux vidéo qui souhaite féminiser ses équipes tech et des talents qui exercent leurs compétences dans cette branche professionnelle.


Vous pouvez retrouver les offres, les talents et plus encore sur www.glossandboss.com


Dans son dernier ouvrage, Hervé Cuillandre qui vit de l’intérieur au sein d’une grande entreprise de l'énergie les transformations dues à la révolution des nouvelles technologies, nous alerte sur l’impact du développement de l’Intelligence artificielle sur nos sociétés et sur le monde du travail tel que nous le connaissons. Ce qu’il définit comme un « mouvement de destruction créatrice » impose selon son analyse, une transformation en profondeur, à la fois technique et organisationnelle.


« Si les métiers de l'informatique étaient à l’origine majoritairement féminins, ce monde qui pilote notre avenir collectif est désormais loin d’être mixte et divers, puisque les femmes ne représentent plus que 17 % des effectifs techniques de la "Tech". Les biais entretenus par cette vision tronquée du monde sont nombreux. C’est aussi le risque d’être inadaptés aux attentes de la moitié de la population. Pire, pour des solutions supposément visionnaires, c’est refuser de comprendre que notre avenir est inéluctablement mixte et divers. C’est pour les structures figées, s’éloigner des attentes de leurs futurs clients et de leurs futurs salariés. » l’auteur s’est exprimé dans une tribune dans « Les Echos » le 9/10/2019.


Que dit cette tribune? Que la révolution numérique est « La chance » des femmes, notamment de celles qui sont en recherche d’emploi, que le moment est enfin arrivé pour qu’elles prennent toute leur place dans l’entreprise et dans l’économie mondiale, qu’elles embarquent dans le train de l’innovation, que l’opportunité est trop belle pour la laisser passer ? Oui, mais comment ?


L’auteur a pu au cours de ces deux dernières décennies, au plus prés des dirigeants de grands groupes français, occuper une place de premier choix pour voir venir et anticiper ces transformations, il en a tiré deux livres mais aussi des propositions concrètes, dont la mise en oeuvre selon lui est assez simple, à travers son projet « Mix-IT ! »:


« La "Tech" n’est pas assez mixte et diverse ? Souvenons-nous que notre économie a été capable de former et d’embaucher en informatique des dizaines de milliers de profanes en la matière, pour assurer le passage à l’an 2000, et la conformité à l’Euro. Il s’agissait alors d’une « urgence économique". Pourquoi la mixité et la diversité ne le seraient-elles pas aujourd’hui ? Certainement parce que nous n'avons pas fait le calcul de ce que nous coûte le fait d’ignorer une si grande partie de la population. Allons chercher directement à Pôle Emploi celles qui nous manquent pour représenter demain ! Formons-les et intégrons-les ! Des formations longues et coûteuses ne sont pas forcément nécessaires, pour commencer dans le métier.


Prouvons aux industriels et aux financiers que la productivité en est améliorée ! C’est par les chiffres que la bataille se gagne. Ajoutons qu’avec de tels salaires à l’embauche, ce sont souvent des familles entières qu’on est en mesure de sauver durablement de la misère. »


 


Pragmatique et réaliste, il sait que cela ne se fera pas sans les hommes, que le mouvement est en marche mais qu’il faut parfois, mettre le pied dans la porte: « Évidemment, pour permettre ce genre d'expérimentations, nous dit-il, une féminisation des Comex s’avère essentielle. Mais à y regarder de plus près, un taux de féminisation faible signifie aussi mécaniquement un engagement en faveur de la mixité faible en interne ! Décider de changer les choses ne se fait pas sans les hommes. Comment espérer sortir de la malédiction des 17 %, sans mobiliser les 83 % restants ? Pour faire changer les choses, il faut aussi aux hommes des "modèles" d’exemplarité, qui ne ferment pas les yeux devant ce type d’aberrations. Rendre évident qu’en aidant les femmes à être nos égales, c’est toute notre société et nous-mêmes que nous grandissons. »


 


Conseils03 Mar. 2020